Urgence de poster
Il est bientôt minuit, je viens de rentrer, je devrais sans tarder filer me démaquiller, jouer un peu avec mon chat qui m'accueille avec tendresse et attente, rejoindre le lit mais j'éprouve une urgence d'enfant capricieuse, si ce n'est quasiment rebelle - à bon entendeur... - à écrire ces quelques lignes et à vous faire part d'une vérité façon Amélie Poulain, héroïne que je n'ai jamais pourtant spécialement affectionné soit dit au passage. J'aime le cinéma.
La force de ma déclaration n'est pas de taille à faire trembler la blogosphère, ni même la table en contreplaqué sur laquelle est posée l'ordinateur et pourtant, elle est profondément réfléchie.
Je rentre d'une séance. Je suis allée voir le premier jour du reste de ta vie. J'ai déjà remarqué les quelques notes ici ou là vantant la qualité de ce film, j'ai lu les bonnes critiques des sites web mais je ne m'attendais pas à ce que le film provoque cette absolue nécessité d'écrire.
Ces dernières semaines, j'ai la plume paresseuse. En un peu moins de deux heures, le film de Rémi Bezançon a réveillé le torrent assoupi. Non, en fait, je n'aime pas le cinéma, j'aime les cinémas. La semaine passée, j'ai vu Valse avec Bachir. Valse avec Bachir est une leçon de cinéma mais aussi une leçon d'histoire pour la plupart d'entre nous qui n'ont des conflits du Moyen-Orient qu'une idée confuse. Valse avec Bachir est du cinéma apprenant. Le premier jour du reste de ma vie est du cinéma intime.
Peut-être est-ce le charisme captivant de Marc-André Grondin qui promène son visage mi-ange, mi-démon d'un univers francophone à un autre et qui hante les films où il est question de famille de sa présence envoûtante, ou bien est-ce Zabou Breitman qui assume avec aplomb, pour une vedette du grand écran, les marques du temps qui ne rendent que plus touchant, peut-être encore est-ce Jacques Gamblin dont la sobriété du jeu est admirable. Ou est-ce l'ensemble des petits détails qui jalonnent ce film à la réalisation très soignée. Ces particules élémentaires de vie qui nous appartiennent à tous mais que nous vivons comme si nous étions à jamais les premiers et les derniers à en passer par là.
Le premier jour du reste de ta vie est un film à la séduction grimpante, au fil des séquences, on se laisse prendre, on s'attache, on s'émeut et même si jamais on ne s'esclaffe bien fort ni que jamais on ne verse dans un trop plein de mélo, je propose qu'on rebaptise le film, en comparaison avec le grand succès de la cuvée cinématographique 2008, Bienvenue chez.. nous.
Comments
heureuse de t'avoir retrouvee! bises et bonne nuit.
Ce sentiment d’urgence à vouloir partager ce que l’on vient de recevoir ne m’est pas inconnu – même si ces derniers temps, il n’a pas trop l’occasion de se manifester – et ton enthousiasme est contagieux. A défaut d’aller vagabonder sur les chemins poussiéreux que j’affectionne arpenter en cette saison, je pourrais peut-être trouver un moment pour filer vers une salle obscure et fraîche. Vedremo…
Bonne journée !
je suis heureuse de ton enthousiasme et de la libération des mots qu'a provoqué ce film qui m'a également beaucoup touché.
A bientôt pour une toile ?
zib zib
Eh bien, j’y suis allé et je ne regrette pas. Merci Lza d’avoir écrit cette note sans laquelle je serais possiblement passé à côté de ce beau moment de cinéma. Un condensé de vies minuscules, pour reprendre un titre de Pierre Michon, d’expériences qui peuvent parler à tous mises en scène sans lourdeur ou affectation, avec ce qu’il faut d’ellipse pour que le spectateur s’investisse dans le déroulement. Tout cela servi par une grande justesse tant des dialogues que des acteurs. Une bonne respiration, ce film !
ooooh ! chouette chouette chouette de te voir revenir.
c'est drôle que tu écrives ça, tu es la 3e personne à en parler (avec passion) depuis ce week-end (ce n'est pas peu dire ;o) )... ma curiosité est piquée ! ... je vais y aller vite, c'est sur.