Quel paramètre commun entre une moite soirée de juin au goût de rhum soda dans un bar d'Hanoi et une heure creuse de l'après-midi, quelques semaines plus tard, dans un magasin parisien envahi par des hordes de furies en mal de trésors soldés ?
Réponse : la bande son, Estelle et son American Boy qui semble s'imposer, distillée impeccablement via les différents canaux de diffusion utiles, comme le tube de l'été.
Pendant mon voyage, j'avais mes habitudes nocturnes dans un lieu tenu par des Européens et si l'ambiance occidentale était le parfait contrepoint d'un dépaysement total, la playlist était d'une invariable monotonie. Aussi, à chacun de mes passages, ça faisait la la la la la la ! Kanye West honorait nos oreilles de son featuring, propulsant une quasi inconnue sur le devant de la scène internationale. Estelle, American Boy, en trois mots, tout le monde ou presque a l'air du morceau en tête. De Paris à Hanoi.
Cette chanson pour laquelle je n'éprouvais aucun sentiment particulier, n'entrant pas dans ma grille de lecture musicale favorite, a gagné par la force des circonstances une valeur particulière. Bien produite, efficace, elle me force à laisser tomber tout masque snob de bonne lectrice des Inrocks pour avouer que la recette a aussi fonctionné sur moi. Ce titre risque d'être sans que je l'ai choisi, estampillé dans ma propre petite boîte noire, souvenir de mon été 2008.
Alors, oui, Take me on a trip, I'd like to go some day, Take me to New York, I'd love to see LA... (enfin d'abord New York ...).
Fort est de constater que les mots me manquent ces dernières semaines, j'ignore s'il s'agit d'un trop plein ou d'un pas assez mais qu'importe, je remplace les mots par la musique et vous recommande fortement aujourd'hui Dead Rock Machine. Un groupe Rouennais, ma découverte myspace du moment, de la musique qui me donne l'envie de...Parce que c'est vrai quoi, la vraie question philosophique que je me pose ces jours-ci est celle-la, Why don't you dance, boy ?
Pour les parisiens, ils honoreront la rentrée le 19 septembre à La Scène Bastille.
EDIT : on me souffle dans l'oreillette que le duo est autant rouennais que parisien et qu'un maxi 6 titres intitulé très à propos "Good News" sortira le 29 septembre prochain.
Bientôt, bientôt j'aurai des tas de choses à exprimer par ici...
Je suis arrivée a Hanoi par un très chaud matin de juin. Il était 5 heures et le capitaine de bord annonçait 26 degrés à l'extérieur. Un taxi m'a emmené au coeur de la cité et dès les premières minutes, j'en ai pris plein les yeux. Aux premières heures du jour, les mobilettes affluaient sur la grande route. Mon chauffeur klaxonnait à tout va, slalomant entre les deux roues. Ceux-ci se dirigeaient vers le marché. C'était un spectacle ahurissant : chacun d'eux transportait les marchandises qu'il s'apprêtait à vendre. Fleurs, vases de laque, pièces de viandes ficelées sur le porte-bagages.
J'ai beaucoup écrit pendant ces deux semaines passées à l'autre bout du monde, essayant de capter les moments les plus insolites depuis mon si subjectif point de vue. Pourtant je crois que les mots ne suffisent finalement pas à exprimer tout à fait correctement les impressions.
Il y eut tellement de moments forts, des enfants que j'ai rencontrés à la sublime beauté de la baie d'Halong...
Sans vouloir une seconde verser dans une excessive sentimentalité, ce voyage m'a changée. Je ne vous dis pas que je ne cèderai plus jamais aux sirènes du capitalisme occidental, que je ne me poserai plus toutes les séries de questions aussi superficielles qu'existentielles qui me sont finalement si chères, ce serait utopiste, erronné, stupide, seulement découvrir un autre univers, d'autres moeurs déplace forcément le curseur des repères les plus solidement ancrés. Merci au Vietnam de m'avoir fait réviser mes certitudes et de m'avoir donné envie d'explorer par moi-même d'autres cultures...