Le temps me manque mais je ne voulais pas ne pas participer au petit jeu viral, si contagieux sur Vox ces jours-ci...
Alors voilà...
"Que signifie "être tagué(e)" ? Cela signifie être la victime sacrificielle d'une "chaîne", une sorte de billet viral qui court de blog en blog, obligeant le tenancier à rédiger un billet puis à en contaminer d'autres.
Toute chaîne à un règlement, voici celui du moment :
1. Citer la personne qui vous a "tagué".
2. Indiquer le règlement du jeu.
3. Choisir un livre et l'ouvrir à la page 123.
4. Recopier à la cinquième ligne les cinq lignes suivantes.
5. Indiquer le titre du livre, le nom de l'auteur, de l'éditeur et l'année d'édition.
6. Taguer quatre personnes et les prévenir sur leurs blogs.
Annie m'a mise dans la boucle. J'ai choisi le roman grâce auquel je m'évade dans d'autres temps et d'autres moeurs ces jours-ci.
... Tout à coup, il cueillit une petite fleur orangée, bizarre et charmante, en fit tourner la tige doucement dans ses doigts, et il me demanda :
- En avez-vous mangé ?...
Je fus tellement surprise par cette question saugrenue, que je restai bouche close..."
Ces quelques lignes piquées au coeur de 450 pages n'offrent pas une perception honnête du roman mais me semblent, par contre, assez adéquates pour être recopiées à la fin de l'été.
Elles sont extraites du Journal d'une femme de chambre, d'Octave Mirbeau, que Bunuel adapta à l'écran avec Jeanne Moreau.
Mais je ne sais pas qui taguer...
Nous pouvons reprocher un tas de choses à nos voisins d'Outre-Atlantique mais certains de leurs excès, comme la mise en scène de la vie publique de leurs politiques, leur permettent peut-être d'oser davantage... Après tout, en France, les acteurs du gouvernement suivent depuis quelques temps la pente dangereusement glissante de la pipolisation... Alors qui en France pour réaliser une oeuvre du même genre ?
C'est une chose terrible. La rentrée littéraire me provoque des envies de boulimie.
Le mardi, je reçois dans ma boîte aux lettres mon hebdomadaire et le numéro du 19 août exhalait, je le savais d'avance, un parfum particulier : celui de la rentrée littéraire. J'ai feuilleté la chose et un nombre m'a donné aussi sec le tournis : 676 ouvrages à paraître les jours prochains. Un compte quasi diabolique.
Quelques pages de la revue sont donc consacrées aux sorties de la saison et les noms en gras et en capitales des écrivains sont comme de gros bonbons. Ici, je pioche David Lodge, Ian McEwan, Nina Bouraoui, Catherine Cusset dont j'ai déjà testé la saveur et avec lesquels je ne serai pas contre un goût de revenez-y. Là, sont aussi ceux dont on m'a vanté les qualités : Hanif Kureishi, Régis Jauffret... Enfin il y a les inconnus dont les ingrédients de la prose, suggérés en quelques phrases par le magazine, m'allèchent déjà : Tristan Garcia, Julia Leigh, Nick McDonell (né en... 1984 ! Passons !).
Malgré cette gourmandise exacerbée, il me faudra me montrer raisonnable et ne porter mon choix que sur quelques uns d'entre eux, sans passer trop de temps à regretter les autres. La rentrée littéraire me rend fébrile et prétentieuse : elle agite en tout sens mon désir d'écrire et est l'idéal prétexte à relancer la mécanique de ma plume et de mon cerveau, tous deux un peu assoupis.
Dans une quinzaine de journées, je me retrouverai dans ce que j'aime à concevoir comme une "situation cinématographique". C'est-à-dire un moment de vie dont je pressens déjà le décor, les plans et les répliques.
Je porterai une robe élégante, des talons, des bijoux, un peu plus de maquillage que d'habitude. Je serai forcément émue entre les murs d'une église malgré ma foi éteinte, je porterai un toast, une coupe de champagne au bout des doigts un peu plus tard. Peut-être même je danserai, parce que j'adore ça danser.
J'assisterai à l'union devant Dieu et les hommes, et de ces deux entités, je ne sais laquelle est la plus valable, d'une amie de dix ans avec son compagnon. Je jouerai un rôle non négligeable dans la distribution : le témoin, celui qui lit un texte pieux et dont la voix résonne et tremble contre les pierres de la nef, celui qui signe de sa plus belle plume le registre.
Ce sera un grand jour, l'un de ceux qui s'inscrivent dans des albums photos, l'un de ceux dont on reparle régulièrement, un marronnier personnel, l'un de ceux qui drainent invariablement un lot d'anecdotes drôles ou absurdes, l'un de ceux qui inspirent mille considérations aussi confuses qu'évidentes, idiotes que censées, en fin de soirée quand le champagne a grisé les âmes pensives.
Je serai sage comme une image, polie, appliquée, bien peignée. Puis je deviendrai enthousiaste, dynamique, survoltée, j'aurai trop chaud. Je terminerai songeuse, fatiguée, les pieds meurtris.
Je sais tout cela d'avance parce que c'est l'équation toute simple : le mariage de l'une de mes amies + moi.
Il n'empêche, je fais celle pour qui tout a été joué d'avance mais j'ai un discours à écrire. Et en observatrice curieuse des autres, j'ai hâte d'assister à l'un des événements charnières de la vie de mon amie.
Il est bientôt minuit, je viens de rentrer, je devrais sans tarder filer me démaquiller, jouer un peu avec mon chat qui m'accueille avec tendresse et attente, rejoindre le lit mais j'éprouve une urgence d'enfant capricieuse, si ce n'est quasiment rebelle - à bon entendeur... - à écrire ces quelques lignes et à vous faire part d'une vérité façon Amélie Poulain, héroïne que je n'ai jamais pourtant spécialement affectionné soit dit au passage. J'aime le cinéma.
La force de ma déclaration n'est pas de taille à faire trembler la blogosphère, ni même la table en contreplaqué sur laquelle est posée l'ordinateur et pourtant, elle est profondément réfléchie.
Je rentre d'une séance. Je suis allée voir le premier jour du reste de ta vie. J'ai déjà remarqué les quelques notes ici ou là vantant la qualité de ce film, j'ai lu les bonnes critiques des sites web mais je ne m'attendais pas à ce que le film provoque cette absolue nécessité d'écrire.
Ces dernières semaines, j'ai la plume paresseuse. En un peu moins de deux heures, le film de Rémi Bezançon a réveillé le torrent assoupi. Non, en fait, je n'aime pas le cinéma, j'aime les cinémas. La semaine passée, j'ai vu Valse avec Bachir. Valse avec Bachir est une leçon de cinéma mais aussi une leçon d'histoire pour la plupart d'entre nous qui n'ont des conflits du Moyen-Orient qu'une idée confuse. Valse avec Bachir est du cinéma apprenant. Le premier jour du reste de ma vie est du cinéma intime.
Peut-être est-ce le charisme captivant de Marc-André Grondin qui promène son visage mi-ange, mi-démon d'un univers francophone à un autre et qui hante les films où il est question de famille de sa présence envoûtante, ou bien est-ce Zabou Breitman qui assume avec aplomb, pour une vedette du grand écran, les marques du temps qui ne rendent que plus touchant, peut-être encore est-ce Jacques Gamblin dont la sobriété du jeu est admirable. Ou est-ce l'ensemble des petits détails qui jalonnent ce film à la réalisation très soignée. Ces particules élémentaires de vie qui nous appartiennent à tous mais que nous vivons comme si nous étions à jamais les premiers et les derniers à en passer par là.
Le premier jour du reste de ta vie est un film à la séduction grimpante, au fil des séquences, on se laisse prendre, on s'attache, on s'émeut et même si jamais on ne s'esclaffe bien fort ni que jamais on ne verse dans un trop plein de mélo, je propose qu'on rebaptise le film, en comparaison avec le grand succès de la cuvée cinématographique 2008, Bienvenue chez.. nous.
Quelques temps après avoir provoqué un tollé en annonçant la sortie d'une série de chaussures marquées de citations de feu Kurt Cobain, Converse qui s'amuse plus à entretenir son buzz qu'à prouver ses mérites, nous offre un trio hype à souhait et un morceau des plus efficaces : Pharell Williams, Santogold, Julian Casablancas pour My Drive Thru. A la fois branchés et porteurs d'une véritable caution artistique dans des univers différents, les trois musiciens s'associent à la marque qui traverse ainsi l'été et les courants avec grâce !
Le titre est téléchargeable gratuitement sur le site de Converse. Je m'interroge sur les limites du marketing, n'empêche que si Converse recrute au sein de son service communication, je veux bien y réfléchir à deux fois.