5 posts tagged “cinéma”
Nous pouvons reprocher un tas de choses à nos voisins d'Outre-Atlantique mais certains de leurs excès, comme la mise en scène de la vie publique de leurs politiques, leur permettent peut-être d'oser davantage... Après tout, en France, les acteurs du gouvernement suivent depuis quelques temps la pente dangereusement glissante de la pipolisation... Alors qui en France pour réaliser une oeuvre du même genre ?
Il est bientôt minuit, je viens de rentrer, je devrais sans tarder filer me démaquiller, jouer un peu avec mon chat qui m'accueille avec tendresse et attente, rejoindre le lit mais j'éprouve une urgence d'enfant capricieuse, si ce n'est quasiment rebelle - à bon entendeur... - à écrire ces quelques lignes et à vous faire part d'une vérité façon Amélie Poulain, héroïne que je n'ai jamais pourtant spécialement affectionné soit dit au passage. J'aime le cinéma.
La force de ma déclaration n'est pas de taille à faire trembler la blogosphère, ni même la table en contreplaqué sur laquelle est posée l'ordinateur et pourtant, elle est profondément réfléchie.
Je rentre d'une séance. Je suis allée voir le premier jour du reste de ta vie. J'ai déjà remarqué les quelques notes ici ou là vantant la qualité de ce film, j'ai lu les bonnes critiques des sites web mais je ne m'attendais pas à ce que le film provoque cette absolue nécessité d'écrire.
Ces dernières semaines, j'ai la plume paresseuse. En un peu moins de deux heures, le film de Rémi Bezançon a réveillé le torrent assoupi. Non, en fait, je n'aime pas le cinéma, j'aime les cinémas. La semaine passée, j'ai vu Valse avec Bachir. Valse avec Bachir est une leçon de cinéma mais aussi une leçon d'histoire pour la plupart d'entre nous qui n'ont des conflits du Moyen-Orient qu'une idée confuse. Valse avec Bachir est du cinéma apprenant. Le premier jour du reste de ma vie est du cinéma intime.
Peut-être est-ce le charisme captivant de Marc-André Grondin qui promène son visage mi-ange, mi-démon d'un univers francophone à un autre et qui hante les films où il est question de famille de sa présence envoûtante, ou bien est-ce Zabou Breitman qui assume avec aplomb, pour une vedette du grand écran, les marques du temps qui ne rendent que plus touchant, peut-être encore est-ce Jacques Gamblin dont la sobriété du jeu est admirable. Ou est-ce l'ensemble des petits détails qui jalonnent ce film à la réalisation très soignée. Ces particules élémentaires de vie qui nous appartiennent à tous mais que nous vivons comme si nous étions à jamais les premiers et les derniers à en passer par là.
Le premier jour du reste de ta vie est un film à la séduction grimpante, au fil des séquences, on se laisse prendre, on s'attache, on s'émeut et même si jamais on ne s'esclaffe bien fort ni que jamais on ne verse dans un trop plein de mélo, je propose qu'on rebaptise le film, en comparaison avec le grand succès de la cuvée cinématographique 2008, Bienvenue chez.. nous.
Les trajets en métro donnent décidément lieu à d'incroyables découvertes et d'effarantes constatations.
Ce soir, au hasard des errances de mon esprit, mon regard s'arrêta sur l'affiche du Molière de Laurent Tirard ou plutôt sur l'avantageux physique de Romain Duris. Une pastille en haut de l'affiche retint mon attention. Une pastille donc, ajoutée tout récemment puisque le film squatte les 4x3 de la RATP depuis plusieurs semaines. Et sur celle-ci, un pourcentage: 92. C'est-à-dire l'indice de satisfaction des spectateurs selon le magazine Ecran Total, l'hebdomadaire de l'audiovisuel.
Le cinéma assimilé à un paquet de lessive?
Certes, il faudrait être naïf pour croire que le 7ème art mérite à chaque coup cette appelation. Après tout, en matière de films, on parle aussi d'industrie. Mais tout de même, a-t-on besoin de "marketer" encore et toujours plus? Et encore davantage le culturel?
Je n'ai pas vu Molière, je n'ai pas d'avis dessus donc mais ce n'est certainement pas cette pastille qui me fera acheter mon ticket pour la prochaine séance.
A quand un indice de satisfaction pour le dernier Goncourt? A quand un satisfait ou remboursé après la 1ère écoute d'un cd? Tapez 1 pour voir le film rester à l'affiche...
L'affiche d'un film est bien entendu l'un des éléments marketing destiné à faire se déplacer le public dans les salles. Si ces dernières semaines, le métro parisien a été envahi par celles de "Danse avec lui", par exemple, le dernier film de Mathilde Seigner, de Sami Frey... et d'un cheval(!!) assez explicites sur le contenu du scénario, il n'en va pas de même pour La Vie des Autres.
Ma séance ciné improvisée de ce soir mérite mieux que son affiche: les mentions des récompenses (justifiées!), un couple et une étreinte à venir d'un côté, un homme en pleine écoute de l'autre...
Un résumé un peu réducteur pour un drame dense qui aborde une époque si proche mais aussi floue pour beaucoup d'entre nous: la RDA des années 80 et le règne de la Stasi sur la pensée.
Difficile pari relevé avec brio que de parler de cette défunte Allemagne et des atrocités morales commises sur le peuple, encore davantage quand les héros représentent l'élite culturelle de la nation...
Mais le parti pris du film d'espionnage romanesque est une réussite! Le réalisateur joue cette partition en prenant le temps d'installer l'atmosphère, le décor (gris, lugubre, dépouillé jusqu'au ridicule... voir les plateaux repas du Ministère de la Sécurité d'Etat...!) et de livrer une étude psychologique des personnages fouillée.
2h17 d'un cinéma comme il n'y en a pas suffisamment...
N'avez-vous jamais remarqué que certaines choses se passant dans les films ne se passent QUE DANS LES FILMS! Vous me direz qu'on appelle cela les facilités scénaritiques mais celles que j'ai choisies de vous présenter aujourd'hui ont la particularité d'être devenues ultra-récurrentes...
N'avez-vous jamais été surpris par le fait que, dans les films, les héros ne cherchent JAMAIS de place pour se garer et de surcroît qu'ils en trouvent une toujours pile en face de l'entrée du bâtiment dans lequel ils vont? Que les bombes sont à chaque fois heureusement équipées d'un afficheur digital à gros CHIFFRES ROUGES indiquant combien de temps le gentil a devant lui pour la désamorcer? Que n'importe qui peut faire atterrir un 747 à partir du moment où il y a un aiguilleur du ciel à sa disposition quelque part dans une tour de contrôle? Que la fille moche du lycée devient une bombe dès lors qu'elle retire ses lunettes et dénoue sa queue de cheval... Que lorsqu'il faut payer le chauffeur du taxi, le personnage du film ne fouille pas nerveusement son porte-feuille mais en extrait élégamment(même lorsqu'il est pressé...) un billet qui correspond TOUJOURS au montant demandé, jamais à moins. Et enfin, entre autres, qu'en grattant une seule allumette, le héros dispose d'un éclairage digne d'un spot de plusieurs ampoules de 60 watts?
Ah la magie du cinéma...