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Alors oui, le chanteur réveille mon instinct maternel très profondément enfoui et je me dis en le regardant gesticuler comme un Ian Curtis assaisonné aux saveurs exotiques que si je pressais de mes deux doigts son mignon petit nez, du lait pourrait bien en sortir mais je ne peux m'empêcher de tomber sous les crocs du Vampire.
Ce soir, Vampire Week-end jouait au Trabendo et j'étais parmi la foule parisienne ( + 3 anglaises comme on les connaît, surexcitées, un peu saoûles et hurlantes) venue les applaudir.
Remettons les choses à leurs places : ce groupe de jeunes new-yorkais bon chic bon genre ne révolutionne pas le monde de la musique mais propose d'efficaces morceaux assez excitants. Ils sont en scène meilleurs qu'en studio, plus pêchus, plus incisifs, plus énergiques. Leur son a sa patte, un rock mâtiné d'influences africaines. La voix d'Ezra Koenig est étonnament modulable et ses vocalises s'enchaînent harmonieusement.
Vampire Week-end est un petit groupe frais, simple, à l'allure sincère, pas poseuse pour deux sous, à l'image des chaussures bateaux en cuir marron que le chanteur avait osé enfiler pour monter sur scène.
Je leur ai offert de bonne grâce un peu de mon temps de cerveau disponible et ils ont réussi, en un joli set épicé juste comme il faut, à me faire oublier tout le reste autour.
Nagui répète à chaque numéro de Taratata - ou tout du moins durant ceux que j'ai regardés mais je pense qu'on peut en faire une généralité - qu'IL FAUT ALLER VOIR LES ARTISTES SUR SCENE. Il appuie sur les syllabes et articule à outrance pour mieux marteler son message.
Je n'en étais pas intimement convaincue pour avoir parfois été déçue par de très moyennes prestations scéniques.
Et puis ce soir, j'ai eu l'intime conviction qu'un animateur de télévision pouvait avoir raison - et cela n'arrive pas souvent, on en conviendra aisément.
Surprenante soirée : il y a plus de trois heures déjà, je m'installais confortablement dans le fauteuil de la salle de concert municipale sans rien attendre de plus que de voir quelques passionnés gratter leurs instruments. Et puis, la magie a opéré, comme souvent sans qu'on la prie au préalable de se présenter.
Ruby Brune : du rock glamour, de la pop kitsch - ou l'inverse, de très bons musiciens et une chanteuse dotée d'un charisme incroyable, d'une pêche, d'une présence, d'un art de la mise en scène évidents. Un mignon lapin rose qui sort du chapeau pailleté d'un magicien à l'oeil torve.
Pour les curieux, je laisse ici leur lien myspace mais Internet casse un peu le charme, retire de la substance.
Ruby Brune a joué devant un public clairsemé, la chanteuse a lutté pour faire reprendre l'un de ses refrains par les spectateurs et a pourtant donné tellement que le groupe aurait mérité un auditoire plus enthousiaste, voire une salle comble.
Nagui a raison : IL FAUT ALLER VOIR LES ARTISTES SUR SCENE !
Ne vous est-il jamais arrivé de ne pas connaître vraiment quelque chose mais d'avoir pourtant à sa seule évocation une idée préconçue? Et souvent négative? En tout les cas, à moi ça m'arrive...
Et au moment où je vous écris, je pense précisément au... porridge! Jamais je n'en ai mangé mais l'envie ne me taraude pas du tout, bien au contraire!
Il y a par contre d'autres noms sur lesquels vous (et moi!) n'avez aucun a priori. C'était le cas avec Tilly and the Wall, groupe qui assurait hier soir à l'Elysée Montmartre la première partie de CSS.
Où veux-je en venir? Si, si on y arrive... Tilly and the Wall aurait pu(dû?) me faire le même effet que le porridge. Deux chanteuses blondes, une brune qui ne chante pas mais tape des pieds chaussés de claquettes dans un seyant legging vert et des garçons échevelés constituent l'ensemble dont émana pendant 3/4 d'heure une bouillie musicale.
Trop sévère comme jugement? Peut-être mais je ne fus pas du tout séduite par ce qui s'apparenta pour moi, vous l'aurez compris, à un vaste fouillis mélodique.
"Elle a quelque chose de sexuel..." disait l'un des spectateurs à la sortie, évoquant la chanteuse de CSS.
Sexuel oui, sous l'effet d'une puissante drogue peut-être...
Elle réussit l'exercice de réveiller une salle que Tilly and the Wall avait davantage éteint qu'allumé. Quelques rythmes entêtants, des jeux de lumière électrisants, l'effet de masse firent de la foule un seul corps soulevé par quelques spasmes euphoriques.
Mais l'effet CSS aussi jouissif puisse-t-il être a un je-ne-sais-quoi de trop brutal! Le charme est rompu à peine le groupe sort-il de scène.
Deux ou trois choses pour conclure: Géraldine qui hurle dans le micro de la chanteuse que l'alcohol qu'elle préfère, c'est le MALIBU!!!!!!!!!! Et la chanteuse, justement,qui nous assène que selon elle les best people, ce sont les nice people... FIN DE CITATION, rideau!