2 posts tagged “gratuit”
Mon post d'hier et le commentaire laissé par popisdead sont de parfaites transitions au billet d'aujourd'hui!
En effet, c'est une contribution un peu différente des autres que je livrerai ce matin. Je voulais vous parler du comportement de la population des grandes villes face à la presse gratuite. Certains reconnaîtront peut-être des scènes auxquelles ils ont déjà assisté et d'autres en apprendront sur l'espèce humaine...
Dans les gares dans lesquelles défilent des milliers d'usagers des transports en commun tous les matins, les journaux gratuits constituent un pôle d'attraction important, un élement sociologique clé.
Après quelques années d'observation dans des conditions optimales (à 8h, dans le froid ou la moiteur, au milieu d'une foule grouillante et ultra-pressée, stressée, stressante...), j'ai pu établir 3 types de comportement face à la presse gratuite...
La première catégorie que je nommerai simplement "l'abeille" a l'attitude la plus simple. Alors qu'elle descend de la rame d'un train, qu'elle gravit un escalator à toute vitesse, qu'elle se presse parmi la foule, elle trouve toujours et ce malgré sa hâte, un instant pour s'approcher de la pile des gratuits et en saisir un au passage. Peu importe que le journal ne soit pas sur sa trajectoire initiale, "l'abeille" se débrouillera pour atteindre sa cible et récupérer son précieux trésor prête à braver le bloc mouvant formé par ses camarades.
La seconde catégorie est celle des "donateurs" et les premières séances d'observation de cette sorte ont été assez étonnantes! Le comportement de ces derniers dégage comme valeurs principales une forme d'altruisme et en même temps un nombrilisme évident. Les premiers gestes du "donateur" sont identiques à ceux de "l'abeille": il se faufile près de la pile de gratuits. Mais au lieu de saisir un exemplaire et de repartir, le "donateur" en prend plusieurs, se retourne vers les "abeilles" qui s'approchent de la pile et leur distribue le journal! Etonnant mais véridique!
Une sous-catégorie de "donateurs" a été identifiée: ceux qui empoignent une dizaine de journaux et qui les déposent, d'un air satisfait, sur la rampe de l'escalator cité ci-dessus! Ils ne remettent pas directement le trésor aux "abeilles" mais facilitent l'accès de ces derniers au graal!!
Enfin, il faut signaler que s'est beaucoup développée depuis le lancement des gratuits la fouille des poubelles! Beaucoup des "abeilles" qui s'emparent du 20minutes, le dévorent et le jettent aussi sec arrivés près de leur lieu de travail. D'autres petites abeilles arrivent plus tard ou ne circulent pas dans les stations où sont distribués les gratuits... Aussi n'est-il pas rare d'entendre des répliques ubuesques vers 9h20 près de la machine à café: "J'ai fait toutes les poubelles du coin mais pas moyen de trouver un 20 minutes, dis donc!!"
Selon une dépêche de l'AFP, les gratuits, AmNewYork et Metro, distribués à New York comme à Paris à l'entrée des bouches de métro troubleraient le bon fonctionnement des transports en commun.
Une étude du MTA (l'autorité des transports métropolitains) met en cause les journaux qui, laissés parfois par piles entières près des quais, finissent en débris et atterrissent sur les voies. Cette hypothèe s'appuie sur l'exemple d'une mémorable tempête en 2004 qui entraîna l'interruption du traffic et l'inondation des voies.
Le MTA cherche-t-il un responsable à un problème purement technique? En effet, une étude précédente incriminait le service de maintenance du métro new-yorkais. La tempête utilisée comme exemple a eu lieu en 2004, soit un an après le lancement massif des gratuits dans la Grosse Pomme.
Comme réponse, une représentante du quotidien Metro certifie que son entreprise respecte le règlement imposé par le MTA et que le journal est distribué à l'extérieur des stations. Une campagne de communication incite les lecteurs à recycler leurs exemplaires. AmNewYork, gratuit de l'éditeur The Tribune Co., ne s'est pas prononcé publiquement.
Le MTA préconise l'installation de distributeurs automatiques clos.
Mais comme souvent dans nos sociétés modernes, une solution à un problème en crée un autre... Grâce aux distributeurs, les voies seront peut-être plus propres mais des emplois seront sacrifiés... A quoi rime que les rames arrivent à l'heure si elles ne servent plus à personne?