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La gironde Kate effacera-t-elle du visage de Lily Allen le fameux smile qui fit la joie des ondes et des festivals l'été puis l'automne dernier?
Il y a des risques puisque la donzelle, au patronyme digne de celui d'une star de la country américaine -Kate, Kate Nash-, est déjà disque d'or au Royaume Uni. De sa voix un peu gouailleuse, elle raconte ses amours banlieusardes.
Je ne pense pas qu'il faille reprocher à la jeune anglaise de ne pas révolutionner le genre car elle ne semble pas en avoir l'ambition. Apprécions dès le 12 novembre dans les bacs son premier album Made of bricks comme il se présente à nous, comme le disque d'une jeune femme génération youtube.
En attendant davantage, voici le clip de Foundations...
Avertissement: il faut passer les deux bonnes premières minutes où l'animatrice américaine lambda réalise l'interview de promo traditionnelle pour profiter enfin de la prestation des deux chanteuses, Debbie Harry et Lily Allen.
Comme souvent avec ce genre de reprise, la déception est de mise. Heart of glass a perdu de son piquant et de sa sensualité et Debbie Harry semble avoir gagné en tour de poitrine ce qu'elle a perdu en énergie...
Mais c'est peut-être la présence de la jeune Lily aux côtés de l'icône qui trouble? Dans ce drôle de duo, on se demande effectivement qui mène la danse (qui sert le plus à qui...) et même après les avoir écouté chanter on ne détient pas vraiment la réponse...
Pour son ouverture parisienne, les festival des Inrocks a accueilli dans les murs de la Cigale des invités aussi différents musicalement parlant que Keny Arkana, Giant Drag, Cirkus et Lily Allen.
Cette dernière, forte de sa popularité acquise sur myspace, était d'ailleurs le clou de la soirée. Mais ses prédecesseurs n'ont pas démérité.
Keny Arkana a essuyé les plâtres et n'a peut-être pas bénéficié d'un public acquis à sa cause. Elle avait pourtant eu droit à un papier élogieux dans l'édition du même jour de Libé. Si elle prône comme leitmotiv la rage plus que la haine, sa prestation est restée un peu brouillonne. Problème de balance? Energie mal canalisée? Reste qu'on comprend parfois mal les textes engagés de la rappeuse et c'est dommage.
Giant Drag constitue sans doute la bonne surprise de la soirée. Le duo californien porté par la candide chanteuse a su envoûter le public parisien et l'humour naïf de la jeune femme malgré une relative barrière de langue a plu. A noter, entre autres, une reprise de Chris Isaak introduite par une plaisanterie. Un duo à suivre donc...
Cirkus soutenue par Neneh Cherry bénéficie également des faveurs du public et en profite pour afficher ses positions politiques avec le titre caustique You Such an.... La prestation de Burt Ford alias Cameron McVey rappelle bien sûr ses productions: Portishead et Massive Attack mais ce n'est pas pour déplaire aux parisiens. La force de la formation réside vraiment dans son génie créateur d'un son aux frontières du hip-hop, du folk, du rock et des musiques électroniques.
Enfin déboule la juvénile Lily.
Clope au bec, verre de bière à ses pieds, elle est un peu godiche dans sa robe blanche et ses sneakers. Maladroite, un peu ivre (?), elle semble peu à l'aise avec son corps et occupe un peu difficilement l'espace scénique. Mais le soutien des spectateurs venus en masse entonner les titres d'Allright Still aide. Son brin de voix est heureusement plus assuré et elle joue totalement la carte de la midinette boudeuse. Une attitude qui lui va bien et qui fait son charme. Elle conclut sur le célèbre Smile et offre même Alfie en rappel.
Cette soirée à la Cigale était indéniablement placé sous le signe du féminisme en musique et la diversité de la programmation n'a pas choqué sans doute grâce à ce "fil rouge"...
Question susbsidiaire: y avait-il des voxiens dans la salle?
PS: Promis, les photos de la soirée pour la prochaine note!!