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Mes
inclinations musicales naturelles font dangereusement pencher mes oreilles vers
l’Outre-Manche ou l’Outre-Atlantique et prétendre qu’au Sud-Est, il n’y a rien
de nouveau. Je
tiens pour acquis que le bon son a forcément des accointances britonnes ou
américaines cependant je m’aperçois que mes préjugées m’ont dévorée : nul
besoin de s’appeler Pete, Jack ou Meg pour maîtriser le rock. Pete,
Jack ou Meg ne s’agiteraient certainement pas avec l’énergie et l’enthousiasme
de ceux apparaissant dans le clip suivant, je vous l’accorde. Néanmoins,
difficile de ne pas reconnaître à Tokyo Jihen la qualité de nous scotcher à
l’écran grâce à une melodie et à une vidéo bien léchées. Coup
de projecteur sur un groupe venu d’un lointain pays pimenter nos bandes sons.
Sortie prévue du prochain album le 26 septembre.
Comme le rapporte les Inrocks cette semaine, les anglais ont décidé de comptabiliser depuis le 1er janvier les titres téléchargés sur les plates-formes légales afin de disposer d'un reflet plus fidèle des ventes de disques dans le pays.
L'article cite le triomphal exemple que fut il y a quelques mois Crazy, le titre de Gnarls Barkley, qui se classa numéro un grâce à ses seules ventes numériques. Un bel exploit certes mais un exploit qui découle aussi de la perte de vitesse des ventes de singles "physiques".
Depuis trois semaines, les règles de l'accès au sommet des charts sont simplifiées: auparavant, un titre téléchargeable ne pouvait figurer dans un top que s'il était disponible en tant que single dans le commerce, si sa sortie physique était prévue la semaine suivante, ou si elle datait de moins d'un an. Tous les autres téléchargements étaient ignorés par les charts.
Grâce aux téléchargements légaux, en Angleterre entre 2004 et 2006, le nombre des ventes de singles est passé de près de 30 millions à 60 millions... De quoi laisser décider l'organisme responsable du hit-parade anglais (l'Official Charts Company) de passer à l'action.
Certains experts des classements (digression: comment fait-on pour exercer cette profession..., si quelqu'un à la réponse, merci de m'envoyer un message privé ;)) et Steve Redmond, le directeur de l'Official Charts Company s'accordent à dire que cette petite révolution va donner au public un pouvoir bien plus grand, un rôle plus important. En effet,selon eux, les consommateurs de produits culturels seront moins assujettis aux aléas promotionnels que font subir les maisons de disque...
Ainsi, il serait possible d'imaginer qu'un titre d'Elvis se retrouve ainsi en tête des ventes parce que... ce sont les fêtes de fin d'année... et que les "téléchargeurs" ont envie en masse d'écouter le King leur chanter Noël, son papa et sa hotte pleine de jolis jouets...
Une vision totalement utopique et fantasmée pour d'autres comme Ali Mouhoub, directeur de Yacast, dont les propos rapportés dans les Inrocks, indiquent clairement qu'il n'y croit pas et que face à un ordinateur, l'utilisateur est tout autant confronté à l'exposition des catalogues que les radios ou ITunes par exemple veulent proposer.
Et si nous imaginions un hit-parade souterrain issu du téléchargement illégal? Serait-il le reflet des charts actuels?
Dans un autre registre...
Il n'y a que le son, le son pour me couper du reste, de la foule, des corps, du stress et de la course contre le temps auquel nous nous livrons tous, parfois malgré nous, dans les grandes villes.
Ce matin même, je me suis retrouvée dans la peau d'une sardine vêtue de pied en cap, mais d'une sardine tout de même. Perturbation du service des transports. Corps compressés. Proximité physique involontaire. J'avais la sensation -réelle- de pouvoir tenir debout sans m'accrocher à rien. Merci aux frères de mon espèce. Pour m'extirper de cet étouffement de certains de mes sens -l'odorat encombré par les parfums, la vue bouchée par des chevelures, le toucher contraint- j'ai tout misé sur l'ouïe et augmenté le volume de mon mp3. Ainsi plongée dans mon monde sonore, je me suis détachée de la foule environnante. Seul moyen efficace pour lutter contre une poussée d'agacement, d'agressivité même...
La musique est une plus douce compagne, embellissant par ses atours, les petits moments du quotidien. Arpenter les couloirs du métro, portée par un rythme, une mélodie, a le pouvoir de tout changer, donne une autre lumière aux choses, un autre air aux regards des autres, ravive les couleurs ternes du "paysage". Elle apporte ce-je-ne-sais-quoi d'atmosphère et de magie qui nous manque parfois... J'ai souvent rêvé de pouvoir choisir une B.O idéale aux instants cruciaux de ma petite existence, insignifiants pour certains mais forcément plus importants pour moi. Faire pause une seconde, dire aux autres personnages de s'arrêter une courte minute et aller appuyer sur Play pour lancer la musique adéquate... Et observer aussi comme ce choix peut être déterminant: se balader "Now at Last" avec Feist ou sautiller sur "Take me Out" de Franz Ferdinand ne plongent pas dans le même état...
Ce matin, j'étais avec Feist dans le métro et finalement... je n'y étais plus tout à fait... Les contours plus nets, les coloris accrus, les formes plus précises.